Sécurité routière à Talence: le bilan 2019 et nos actions

Le bilan sécurité routière de l’année 2019 effectué par la police nationale vient de nous parvenir. Il fait état à Talence de 107 accidents recensés dont 28 ont entraîné des dommages corporels déclarés. 30 personnes ont été blessées dans ces accidents mais heureusement aucune victime n’est à déplorer à Talence depuis 2014. Ce chiffre des blessés est modeste en comparaison à d’autres villes (nous concentrons 5,3% des habitants de la Métropole et 3% des accidents entraînant des dommages corporels) mais il reste encore bien trop élevé et motive notre mobilisation à court et long terme pour faire face à ce fléau qui détruit encore beaucoup trop de vies.

Nous faisons chaque année un bilan des accidents qui se sont produits sur la commune pour en tirer des leçons. Les accidents sont biensûr essentiellement le fait d’usagers ne respectant pas le code de la route, mais la récurrence des accidents sur certains axes nous impose de remettre sans cesse en question notre aménagement de l’espace public.

Où et dans quelles configurations se sont produits les accidents à Talence ?

Typologie des accidents recensés en 2019 par la Police et la Gendarmerie sur le territoire de Bordeaux Métropole
2RM: Deux-Roues Motorisés (scooters, motos…)
VL: Véhicule Léger (véhicule de moins de 3t5 comme les voitures)

Cette carte localise l’ensemble des 107 accidents qui se sont produits sur la commune et le type d’usagers. On peut noter que:

  1. Les véhicules légers sont impliqués dans une très large majorité des accidents: 96 accidents sur 107
  2. Les deux-roues motorisés sont impliqués dans 44 accidents, essentiellement avec des véhicules légers (38/44)
  3. Les piétons sont impliqués dans 25 accidents, essentiellement avec des véhicules légers (20/25)
  4. Les vélos sont impliqués dans 13 accidents, essentiellement avec des véhicules légers (11/13)
  5. Les transports en commun (tram et bus) sont impliqués dans 7 accidents

Si l’on compare ces chiffres avec le nombre de tués par mode de déplacement sur la Métropole, on constate la grande vulnérabilité des usagers les moins protégés sur l’espace public: les motocyclistes et les cyclomotoristes (9 tués au total), les piétons (4 tués) et les cyclistes (2 tués). Notons aussi la mort d’un usager en trottinette électrique.

Répartition des personnes tuées dans des accidents par mode de déplacement en 2019 (source: Police et Gendarmerie)

  • les piétons : 4 (contre 5 en 2018),
  • les bicyclettes : 2 (contre 1 en 2018),
  • les engins de déplacement personnel à moteur (trottinette électrique) : 1
  • les cyclomotoristes : 3 (contre 1 en 2018),
  • les motocyclistes : 6 (contre 6 en 2018),
  • les véhicules légers ou utilitaires (VL-VU) : 3 (contre 5 en 2018),
  • les poids lourds (PL) : 1 (contre 1 en 2018),

Quel est le profil des victimes sur la Métropole bordelaise ?

A l’échelle de Bordeaux Métropole, Les victimes sont très majoritairement les plus jeunes: plus 1/4 (27,6%) ont entre 20 et 29 ans.

Répartition des victimes d’accidents sur le territoire de Bordeaux Métropole par classe d’âge en 2019 (source: Police et Gendarmerie)

Si l’on prend maintenant les victimes par mode de déplacement (à l’échelle de la Métropole), les jeunes concentrent l’essentiel des accidents en voiture, en cyclomoteur et à vélo. Les EDPM correspondent aux engin de déplacement personnel comme les trottinettes électriques, monoroues…

Répartition des victimes d’accidents par âge pour chaque mode de déplacement sur le territoire de Bordeaux Métropole en 2019 (source: Police et Gendarmerie)

Près de la moitié des personnes tuées dans des accidents ont entre 18 et 29 ans (9/20).

Âge des personnes tuées dans des accidents sur le territoire de Bordeaux Métropole en 2019
(source: Police et Gendarmerie)

Lieu et profil des victimes d’accidents mortels recensé sur le territoire métropolitain en 2019:

Accidents mortels recensés sur le territoire de Bordeaux Métropole en 2019

Quand se déroulent les accidents ?

Nombre d’accidents et de tués par mois sur le territoire de Bordeaux Métropole en 2019
(source: Police et Gendarmerie)

Un grand nombre d’accidents se produisent l’été et l’automne, de juin à décembre. A contrario, l’hiver et le printemps sont des saisons moins propices à l’accidentologie. Il est à noter que le passage à l’heure d’hiver en octobre peut contribuer à l’accroissement de l’accidentologie. En effet, selon le ministère de l’Intérieur, les accidents impliquant des piétons y augmentent d’environ 50% entre 17h et 19h en raison de la baisse brutale de luminosité à l’heure de pointe du soir. Les piétons, moins visibles, en sont les premières victimes.

Les mercredi, jeudi et vendredi sont des journées beaucoup plus accidentogènes que le week-end. Le nombre de tués est en outre particulièrement important le jeudi.

Nombre d’accidents et de tués par jour de la semaine sur le territoire de Bordeaux Métropole en 2019 (source: Police et Gendarmerie)

Les heures d’embauche (7h-10h) et de débauche (16h-18h) concentrent le plus d’accidents. En revanche les accidents mortels ont connu un pic entre 2h et 3h du matin (3 tués). Il est à noter que 79 % des accidents se produisent sous des conditions atmosphériques normales, 16 % sous la pluie et 5 % d’autres conditions. 63 % des accidents ont eu lieu en plein jour contre 30 % durant la nuit et 7 % à l’aube ou au crépuscule.

Nombre d’accidents et de tués par tranche horaire sur le territoire de Bordeaux Métropole en 2019 (source: Police et Gendarmerie)

Notre mobilisation de tous les jours pour rendre l’espace public plus sûr et sauver des vies

1. Sécuriser les carrefours

Un des premiers éléments à noter est la part majeure des accidents sur les intersections à Talence: ¾ des accidents se produisent sur des carrefours (78 accidents en 2019 sur les 107 recensés).

Le carrefour ayant subit le plus d’accidents l’an dernier est le carrefour à feux de Peixotto Roul/Libération (4 accidents), essentiellement impliquant des piétons (accidents en orange). Nous avions déjà identifié sa dangerosité et avons demandé à Bordeaux Métropole il y a quelques années d’en faire un giratoire pour notamment réduire la vitesse des véhicules. La configuration circulaire des giratoires impose en effet une diminution de la vitesse à l’approche (alors que le feu incite à accélérer pour éviter un passage avant le passage à l’orange) et une priorité des piétons qui traversent. Ce giratoire permettra aussi créer des pistes cyclables sécurisées (en gris clair) ainsi qu’un cheminement piéton plus direct entre l’arrêt de bus de la Lianes 10 situé devant Casino et l’arrêt de tram pour éviter les franchissement dangereux constatés aujourd’hui. Les travaux ont démarré cet été pour une durée prévue de 18 mois.

Plan du futur giratoire Roul Libération en cours de travaux

D’autres carrefours accidentogènes ont fait l’objet d’aménagements:

Intersection entre l’avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny et la rue Maurice Berteaux. Le dernier accident mortel s’est en outre produit sur la commune il y a 6 ans à l’intersection entre l’avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny et la rue Maurice Berteaux (un piéton de 77 ans avait été percuté), nous avons depuis mis l’avenue en sens unique avec des séparateurs pour faire ralentir les véhicules et créer un site propre vélo (dans le cadre du plan vélo).

La barrière Saint Genès ainsi que les boulevards sont aussi des points accidentogènes en bordure de notre commune. Nous attendons beaucoup de l’étude menée par Bordeaux Métropole en faveur de la requalification des boulevards pour que les barrières soient des lieux plus apaisés pour les piétons, les cyclistes et les cyclomoteurs.

Le carrefour de Kedge (cours de la Libération – avenue Pey Berland) est aussi le théâtre d’accidents liés notamment à la vitesse excessive des véhicules sur cet axe à 2×2 voies. Les services métropolitains y ont repensé les flux vélo l’an dernier mais des aménagements plus lourds seront certainement nécessaires à terme pour sécuriser les abords de Kedge.

Le carrefour Suzon-Dourout va aussi être totalement réaménagé pour pallier le manque de visibilité à son approche et la vitesse excessive de certaines véhicules.

Enfin, le carrefour Vieille Tour-Diderot situé devant la place Mozart a été le théâtre de 3 accidents en 2019. La chaussée a été refaite mais la vitesse sur ce carrefour à feux reste une problématique majeure qu’il va falloir gérer tant à cours terme qu’au long terme dans le cadre du projet de BHNS Pellegrin-Médoquine-campus-Thouars-Gradignan (qui va y diminuer les flux voitures par des modifications de sens de circulation sur cet axe). Le carrefour Allende-Racine à Thouars a aussi été témoin de 3 accidents l’an dernier. La mise en place du BHNS devra aussi permettre d’y repenser les flux pour réduire la vitesse qui est un facteur majeur d’accidents.

2. Apaiser la circulation sur des axes où la vitesse est trop élevée

D’autres secteurs en dehors des carrefours ont connu des accidentologies élevées ces dernières années. Nous pouvons citer l’axe Pierre Corneille-Jean Racine en ligne droite à Thouars (où des pics de vitesse avaient été recensés) qui a été apaisé avec la création du giratoire du cœur de Thouars.

Le cours de la Libération entre Peixotto et l’avenue de l’université était aussi, avant sa réfection il y a plus d’une dizaine d’années, un axe victime de nombreuses collisions frontales entre les véhicules. La création de places de stationnement au milieu de la chaussée y a quasiment éliminé l’accidentologie entre le lycée Victor Louis et Peixotto.

Le quartier concerné par le nouveau plan de circulation

Autre avancée très positive: notre nouveau plan de circulation déployé sur le quartier nord entre les cours Galliéni et Gambetta et la voie ferrée avec mes collègues François Jestin (adjoint délégué à la circulation) et Chantal Chabbat (ancienne présidente du conseil communal nord) a porté ses fruits sur le plan de la sécurité routière: aucun accident n’y a été recensé l’an dernier (hormis sur les cours et les boulevards, non concernés par le plan). La signalisation a été revue dans de nombreux axes du quartier et des espaces ont été repensés pour favoriser la mixité des déplacements piétons, vélos et voitures comme la rue de la Passerelle qui a été intégralement requalifiée et transformée en zone de rencontre. Nous travaillons maintenant à une réduction du trafic de transit rue Emile Zola.

En revanche d’autres axes présentent une situation moins encourageante. Les données de la Police nationale nous alertent à nouveau cette année sur la dangerosité de la route de Toulouse, en particulier pour les deux-roues motorisés (accidents en bleu) entre la croix de Leysotte et Bagatelle. Nous veillerons à ce que la requalification de cet axe prévue par Bordeaux Métropole soit associée à un ralentissement des véhicules. Le remplacement de carrefours à feux par des giratoires aurait très certainement un effet bénéfique sur la vitesse. Nous avons d’ores et déjà acté la création d’un rond-point à l’intersection entre la route de Toulouse et la rue Robespierre pour y remédier.

Enfin, la rocade est aussi un enjeu majeur de sécurité routière car elle connaît de nombreux accidents graves voire mortels. Nous comptons sur la mobilisation de l’État pour enfin réussir à relancer le fret ferroviaire afin que nous n’ayons plus à subir des flux de poids lourds aussi importants. Le lancement du RER métropolitain sera aussi de nature à soulager la pression sur cet axe bien trop fréquenté.

3. Créer des voies dédiées aux vélos et mieux sécuriser et orienter les flux piétons

La vulnérabilité des piétons et des vélos sur l’espace public impose des mesures spécifiques, c’est l’objet des délégations au plan vélo et au plan piéton qui m’ont été confiées.

Le cours Gambetta reste un point noir pour la circulation des cyclistes. Une étude menée par Bordeaux Métropole à notre demande est en cours de finalisation afin de poser plusieurs scénarios (dont une mixité voitures/tram sur certains tronçons sur le modèle du cours de l’Argonne pour libérer de l’espace aux vélos) dans l’objectif d’améliorer la cohabitation des flux sur cet espace très restreint et densément utilisé tant pas les trams que par les automobilistes, les piétons et les cyclistes.

Notre plan d’urgence vélo en cours d’expérimentation vise à créer des voies dédiées aux vélos sur les rues Lamartine, Pierre Noailles et l’avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny et à sécuriser la cohabitation des vélos et des voitures sur l’avenue Roul et sur l’avenue Sainte Marie. Il s’intègre dans notre plan vélo déjà engagé depuis plusieurs années. Ces voies dédiées permettent de séparer les flux et donc d’éviter les conflits d’usage que l’on observe trop souvent aujourd’hui sur l’espace public. Une consultation est en cours jusqu’au 31 octobre prochain pour définir l’avenir du plan d’urgence vélo et ajuster ce qui doit l’être selon vous. Nous vous invitons à nous faire part de votre ressenti, de vos propositions pour construire un espace public qui réponde au mieux à vos attentes.

Le respect du code de la route par tous les usagers reste toutefois la clé de la cohabitation de tous les modes de déplacement. Notre plan vélo ne pourra pas seul résoudre toutes les problématiques de conflits d’usage sur l’espace public.

La rue Lamartine comporte une piste cyclable en cours d’expérimentation ainsi qu’une portion en vélorue

La sécurisation du cheminement des piétons est aussi un enjeu car nous faisons de plus en plus de déplacements à pied. Le bon positionnement des arrêts de bus pour éviter les collision d’usagers des bus traversant hors des passages piétons, l’élargissement des trottoirs, l’installation de potelets pour empêcher le stationnement sur les trottoirs, l’installation de bancs pour permettre le repos des personnes âgées… sont quelques outils que nous allons continuer de mobiliser dans notre plan piéton.

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